Ecoles, le pain passe au bio !
Par Rouen Socialiste • 30 jan, 2009 • Catégorie: A Noter, Vie locale •
Le premier aliment bio sera introduit dès le 2 février 2009 : le pain. Celui-ci sera fabriqué par des boulangers de Rouen et de l’agglomération.
C’était en effet un engagement de l’équipe municipale, les cantines scolaires vont être converties progressivement au bio.
Fournir plus de 7000 repas bio par jour n’est pas chose facile : les filières d’approvisionnement n’existent pas en quantité suffisante pour tous les aliments. En effet, le bio ne doit pas rester un « gadget » réservé à une animation annuelle. Il est important que cela devienne progressivement la base de l’alimentation de nos enfants. De plus en plus d’études démontrent les effets très néfastes de certains produits comme les engrais et les pesticides sur la recrudescence de maladies et de cancers.
A travers cette politique du bio, c’est toute une démarche citoyenne, écologique et de santé publique qui est engagée :
- conversion des agriculteurs de notre région au bio,
- sensibilisation des familles au « bien manger, bien bouger »,
- forte implication de la Ville dans la gestion des cantines.
Rouen Socialiste est l'auteur de cet article
Email à cet auteur | Tous les Articles par Rouen Socialiste

C’est un bon début . Pour ceux qui ont vu le film “nos enfants nous accuseront”, il faut amplifier le mouvement et vite et pas que dans les cantines scolaires .
Bonjour,
C’est un début effectivement. Mais attention……je suppose que le pain vient d’avenance. Dès lors, je vous suggère de regarder la note concernant les produits bio d’avenance.
Il est écrit en petit caractère: “produits bio ou assimilés”
C’est déjà cela. C’est mieux que rien. Mais bâtissons une réflexion collatérale intégrant une dynamique transversale permettant ainsi de bâtir un projet politique professionnel autur de l’alimentation en programmant des actions de sensibilisation au “bien manger” en dehors des cantines scolaire et au cœur des famille par les associations ou les centres sociaux (ceux qui existent encore).
Méditons aussi sur les offres commerciales que nous pouvons constater sur le territoire communale et notons l’incroyable déséquilibre des offres alimentaires en qualités. Les Hauts de Rouen subissent de plein fouet ce déséquilibre.
au delà de l’introduction du bio dans la cantine scolaire qui est une excellente chose, il faut donc aller plus loin dans la réflexion.
Bravo donc et continuons ce chemin difficile et compliqué. Je mets ce commentaire sur mon blog avec un lien vers Rouen Socialiste.
Non, c’est écrit que le pain vient de boulangers rouennais
@Laurent,
Efffectivement, je n’avais pas fait attention à ce détail qui a son imporance. Mais même si c’est du pain bio saint, il servera à saucer les sauces bien grasses concoctées par Avenance.
Vivement le passage en régie publique.
J’en profite pour remettre le bon lien vers mon blog.
Fred
Bonjour,
Je suis déçue de voir le peu de réactions que suscite ce billet (nous semblons tous bien plus préoccupés par les indemnités que touche Valérie Fourneyron…)
Pourtant, il me semble que l’alimentation des enfants à l’école est une problématique majeure sur laquelle il faut réfléchir et échanger.
Ayant travaillé quelques années dans les cantines scolaires pour financer mes études, j’ai pu constater en effet quelques problèmes posés, pas seulement par la qualité de l’alimentation, mais aussi par la façon dont le personnel municipal sert les enfants.
Ce qui m’a le plus choquée est la quantité “astronomique” de nourriture proposée aux enfants, et aussi aux adultes (car le personnel qui travaille dans les cantines mange la même chose que les enfants).
Certes les adultes peuvent équilibrer d’eux-mêmes leur repas en termes de quantités, mais les enfants n’ont pas encore acquis cette responsabilité. C’est donc au personnel municipal de poser les limites, et d’éduquer les enfants.
Les quantités fournies par Avenance m’ont toujours semblé bien supérieures aux besoins alimentaires des enfants et des adultes ; peut-être prévoient une marge de manoeuvre en raison des aléas de la fréquentation des cantines.
Bref, outre le problème de gaspillage et de «bourrage» dont j’ai pu m’horrifier à plusieurs reprises, je pense qu’il existe un manque réel de formation du personnel municipal intervenant dans les cantines.
J’ai pu voir en effet des enfants très gourmands, et parfois déjà un peu trop «grassouillets» pour leur âge, être resservis à deux ou trois reprises (et cela d’ailleurs semblait beaucoup amuser l’équipe…).
Pendant ce temps, une petite fille n’aimant pas le fromage, mais ayant mangé sans difficulté le reste de son repas, était forcée à rester à table après le départ de ses camarades jusqu’à ce qu’elle en mange une «micro-bouchée».
Je ne fais aucun reproche au personnel de cantine, mais ayant assisté à la matinée de formation dispensée en début d’année, je peux affirmer qu’on n’est pas du tout informé et formé aux règles diététiques élémentaires…
Alors passage au Bio, oui, mais accompagné d’une réelle éducation à l’alimentation, pour les enfants, et le personnel.
En ce qui concerne les produits proposés par Avenance, plusieurs choses.
Du côté du positif :
- une grande diversité de plats proposés. Les enfants ont l’occasion de découvrir beaucoup de plats qu’ils ne consomment pas à la maison (même si parfois cela peut en rendre certains réticents…)
- équilibre féculents/protéines/fruits et légumes/produits laitiers… respecté dans la composition des menus
- face aux allergies ou maladies dont peuvent être victimes certains enfants, une alternative est toujours proposée
3 points positifs à conserver selon moi lors du passage au Bio
Du côté négatif :
- beaucoup de plats en sauce, avec d’ailleurs beaucoup de sauce
- des féculents et des légumes excessivement agrémentés de beurre
- deux formules relativement copieuses
soit entrée / plat / fromage / fruit ou autre dessert ;
soit entrée / plat / yahourt / fruit ou autre dessert.
Bien souvent les enfants ne sont pas habitués à prendre un repas si complet à la maison, et même si je suppose que ces formules ont été élaborées par des diététiciens, la plupart du temps les enfants peinent à tout manger.
- pour les enfants musulmans, le porc est remplacé par de la volaille ou autre, cependant, pas de viande Halal… Cela me semble inadmissible étant donné que certains enfants ne mangent donc pas du tout de viande à la cantine.
Je suis entièrement pour que les enfants mangent Bio à la cantine, car le bénéfice en sera incontestable, mais il faudrait en plus certaines améliorations :
1) Une réelle éducation à l’alimentation
- pour le personnel, afin qu’il serve correctement ces produits de qualité, en termes de quantité, et de respect des goûts des enfants (oui un enfant a le droit de ne pas aimer les épinards, tout comme un adulte)
- pour les enfants, afin qu’ils souhaitent poursuivre cette démarche à la maison et qu’ils sensibilisent leurs parents
- pour les parents aussi bien entendu
2) Il faudrait à mon sens proposer de la viande Halal aux enfants musulmans.
Enfin, le contrat entre Avenance et la mairie va prendre fin, et permettre ce passage au Bio, et j’en suis ravie, mais je pense à la société Avenance qui va perdre un contrat très important et j’espère qu’ils pourront rebondir…
Pardonnez-moi la longueur de ce commentaire, mais tout cela me semble tellement plus important que d’autres débats…
Pour poursuivre et élargir le débat :
http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com
Sandy merci pour votre commentaire et la pertinence de vos remarques.
Adjointe aux écoles à la mairie de Rouen, je vais essayer de vous apporter quelques éléments de réponse :
Nous respectons en terme de quantité les recommandations officielles. Celles ci étant différentes pour les enfants d’élémentaire et ceux de maternelle, nos quantités fournies le sont aussi.
Comme vous le notez les apports journaliers des différents nutriments sont respectés.
De plus en plus de restaurants scolaires sont sous forme de self ce qui permet à chaque enfant de se réguler en fonction de ses besoins, ce qu’ils font d’ailleurs souvent mieux que les adultes et d’éviter le gâchis.
Néanmoins tous les restaurants scolaires ne sont pas adaptés à la mise en place d’un self.
Par ailleurs le personnel municipal des cantines a pour consigne d’inciter chaque enfant à goûter de tout mais sans forcer.
Enfin, le problème de l’obésité pédiatrique est au cœur de nos préoccupations. Il s’agit le plus souvent d’une conséquence de l’association entre sédentarité et grignotage entre les repas de produits en général hyper caloriques parce que trop gras et ou trop sucrés.
Beaucoup de choses sont à faire pour promouvoir le « bien manger/ bien bouger » et il s’agit d’une problématique qui dépasse largement le monde de l’école et doit se concevoir avec le plus grand partenariat possible. Nous comptons y occuper toute notre place.
Nous avons déjà supprimé le lait de 10h en maternelle selon les recommandations des pédiatres pour arrêter cette incitation à la collation et éviter le décalage entre la faim et les heures de repas, nous proposons aux écoliers un certain nombre d’actions éducatives autour du bien manger et du bien bouger et nos Pédibus qui vont se mettre en place ont aussi pour objet de rappeler que les petits trajets quotidiens se font à pied et que c’est ça aussi la non sédentarité…
En ce qui concerne la viande Hallal : une précision : il n’existe pas à l’heure actuelle de filière de viande Hallal remplissant le cahier des charges de la restauration scolaire. Il est donc impossible pour l’instant de fournir de la viande Hallal en restauration collective scolaire.
Reste la réflexion sur la capacité ou non d’une collectivité chargée de fournir environs 7000 repas par jour à prendre en compte l’ensemble des spécificités religieuses, culturelles, médicales de chacun de ces 7000 enfants et ce sans erreur ( plus il y a de cas particuliers, plus il y a d’erreurs et cela peut être extrêmement grave en cas de régime médical ).
Je partage comme, je pense, l’ensemble des parents d’élèves vos critiques sur les plats en sauce et le goût. Ceci est lié à la liaison froide :
Nos 54 offices de restauration scolaire ne sont pas des cuisines. Ils servent juste à réchauffer les plats qui ont été préparés en cuisine centrale, sont conservés et transportés en liaison froide et réchauffés sur sites. Cette technique de réchauffement n’est pas très adapté pour certains aliments qui perdent toute consistance … alors que les plats en sauce eux s’y prêtent bien.
A noter que la cuisine centrale deviendra ,à l’échéance de notre contrat avec Avenance, propriété de la ville de Rouen et qu’une éventuelle reprise en régie publique ne sous-entend pas que nous soyons en capacité de mettre fin à la liaison froide.
Pour arrêter la liaison froide il nous faudrait construire 54 cuisines, les équiper, embaucher 54 cuisiniers … alors que nous possédons une cuisine centrale par ailleurs performante et ce dans un contexte financier plus que difficile. Une solution mixte est probablement à étudier.
C’est l’ensemble de cette réflexion sur le mode de gestion, les filières courtes, le bio, la qualité gustative, nutritionnelle, l’éducation… que nous menons à l’heure actuelle en concertation avec les différents acteurs.
Christine
Bonne analyse de Sandy effectivement,
Ceci dit, que fera la Marie si elle se rend compte qu’au final, le passage à une régie coûte trop cher ? La santé est une nécessité pour une ville polluée comme Rouen. L’alimentation doit être irréprochable. Nous sommes en retard. Ce retard nécéssite un fort investissement qui ,au final, peu s’avérer opportun si la politique alimentaire va dans le sens d’une réflexion globale et concertée avec les associations de quartiers et les parents d’élèves. Ce n’est certainement pas avec le rapport honteux d’avenance sur la satisfaction des usagés des cantines qu’l faudra se baser pour construire une politique ambitieuse.
Il appatient aux responsables politiques en place de prendre leur resonsabilités afin de développer un programme politique fort vers un “mieux manger”. Ce programme passe parle passage en régie publique des cantines scolaires.
C’est ce qu’ils feront j’en suis persuadé car au bout de 11 mois de gestion, force est de constater que la nouvelle orientation budgétaire porte ses fruits.
c’est bien
Chistine,
Merci pour votre réponse et bon courage donc, pour résoudre toutes ces problématiques.
Concernant la viande Hallal, j’espère qu’un appel d’offres sera lancé et que vous trouverez une filière remplissant le cahier des charges.
Petite précision : j’ai essentiellement travaillé en école maternelle. Je suis sûre que les enfants de cet âge sont très réceptifs aux actions entreprises.
Enfin, des consignes concernant l’alimentation des enfants sont certes transmises au personnel des cantines, mais elles ne me semblent pas suffisantes, et ne constituent pas une véritable formation.
Je me permets une suggestion : une présence occasionnelle de nutritionnistes lors des repas pourrait être utile, non seulement au personnel municipal, mais aussi aux professeurs des écoles, qui pour certains travaillent le midi.
Bien cordialement,
Sandy